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21 juin 2017 La Chouette Créative

TPE / Indépendant des métiers voués à l’échec ?

J’échangeais hier avec une partenaire au sujet de nos métiers respectifs, et comme à chaque fois, nous constatons que nous avons les mêmes problématiques. De nombreuses difficultés qui font que nous ne sommes pas certains de pouvoir être toujours là dans 2 ans. En France, trop souvent, en tant qu’entrepreneur, nous devons parler uniquement du côté positif de nos métiers.
Pour une fois, j’ai décidé de parler des côtés négatifs, de travailler comme TPE, indépendant, et/ou créatif.
TPE / Indépendant des métiers voués à l’échec ?

La difficulté de trouver des clients avec des besoins réguliers

Si on est doué, et qu’on arrive à tisser un lien de confiance avec le client dès la première prestation, il y a des chances pour qu’il nous confie d’autres missions par la suite. Le soucis c’est … Oui mais quand ?…

Dans nos métiers, on nous appelle souvent pour un besoin bien particulier : la création d’un logo, ou encore la création d’un site internet.
Si on est doué, et qu’on arrive à tisser un lien de confiance avec le client dès la première prestation, il y a des chances pour qu’il nous confie d’autres missions par la suite. Le soucis c’est … Oui mais quand ?…
Sans parler de chiffre d’affaires, notre métier nous oblige à aller chercher des clients tous les mois, ou tous les jours pour pouvoir continuer à en vivre.
Parfois nous avons la chance d’avoir des clients qui ont un besoin régulier. (packagings réguliers, newsletters mensuelles, ou encore promotion mensuelle)  Mais ils sont bien trop rares pour combler le besoin de tous les créatifs.

Courir et s’user

en tant qu’indépendant, nous sommes amenés à faire à la fois, la prospection, la facturation, la comptabilité, l’administratif, la production, le relationnel etc. Bref ! à force de courir, il faut bien l’avouer… On s’use.

Le problème, c’est qu’en tant qu’indépendant, nous sommes amenés à faire à la fois, la prospection, la facturation, la comptabilité, l’administratif, la production, le relationnel etc. Bref ! à force de courir, il faut bien l’avouer… On s’use.
Pour ma part, cela fait 2 ans et demi que je travaille en solo, et même si j’ai parfois des coups de mou, je suis encore motivée et enthousiaste à faire tout cela. En revanche, mon amie, qui court depuis 7 ans… Commence sérieusement à flancher… Et je peux tout à fait le comprendre.

La vie privée qui en pâtit

La première année a été terrible. Ni mon mari, ni mes enfants, ni moi, n’étions préparés à de tels changements dans notre organisation et dans nos projets… Nous avons mis plus d’un an à trouver un certain équilibre, parfois encore fragile, dans notre organisation.

A force d’être partout, on en oublie l’essentiel : se ressourcer en famille.
Il est très rare pour nous les solos de profiter de moment de répit.
Nos journées de travail commencent tôt et finissent tard (comme tous les entrepreneurs je pense).
Ce qui est le plus effrayant, ce n’est pas tant le travail, mais la tête. Personnellement, je rêve très souvent de mon travail la nuit, je pense au boulot en mangeant, en étant en famille, ou en faisant mon sport (quand j’ai le temps de le faire).
Bref ! Notre tête n’est jamais au repos. Et parfois, la vie privée en pâtit.
Mon amie disait qu’elle avait des soucis d’entente en famille, des disputes liées au stress, ou aux absences répétées.
Moi, personnellement, je néglige totalement l’intendance de la maison : ménage, repassage, repas ou encore fournitures scolaires… Je n’y pense même pas !
Le week end en général, mon esprit s’éveille et constate à quel point la maison est en vrac…
Concernant ma vie privée, la première année a été terrible. Ni mon mari, ni mes enfants, ni moi, n’étions préparés à de tels changements dans notre organisation et dans nos projets… Nous avons mis plus d’un an à trouver un certain équilibre, parfois encore fragile, dans notre organisation.

Des tarifs souvent trop bas

Ca ! tous les créatifs le diront. En tant que créatifs solos, nous avons moins de charges qu’une grosse agence, et donc nous faisons des tarifs plus bas. Oui mais il ne faut pas exagérer !
Quand un client nous annonce qu’il a 50€ de budget pour son logo, je trouve ça dément.
Là encore, bien souvent, pour décrocher une mission, nous faisons des concessions tarifaires…
Mais… Concessions + concessions = chiffre d’affaires bas, et donc parfois, des difficultés financières.
Ce n’est pas mon cas actuellement, mais il est tout à fait possible que cela m’arrive dans les années à venir. Il faut être lucide.

Un métier pour gagner de l’argent ?

Un de mes clients millionnaire, me disait que si j’avais aimé l’argent, je ne ferais pas un métier de larbin… heu… métier de service. Ca m’avait choqué au départ, mais il a raison…

Personnellement, ma première motivation pour mon métier n’a jamais été l’argent. Un de mes clients millionnaire, me disait que si j’avais aimé l’argent, je ne ferais pas un métier de larbin… heu… métier de service. Ca m’avait choqué au départ, mais il a raison… Notre première motivation est souvent une passion.
Moi, mon but en tant qu’indépendante, est de pouvoir vivre décemment de mon métier, en conciliant ma vie pro et perso. Pour le moment j’y arrive. Mais je ne sais pas jusqu’à quand… Et c’est effrayant.

Des charges, des charges, des charges

Quand l’argent rentre, les charges tombent. Et quand l’argent ne rentre pas, les charges tombent quand même !
Beaucoup de non-entrepreneurs confondent le chiffre d’affaires avec le revenu du dirigeant (surtout quand on fait du service, qu’on n’a pas beaucoup d’achats, et qu’on est en solo)… Ah ah ! et bien non ! Pour faire simple, mon objectif de chiffre d’affaires est égale à 2,5 fois le salaire que je souhaite me verser. C’est quand j’ai atteint ce chiffre que je suis sure de me payer et de couvrir mes charges. Tant que cet objectif n’est pas atteint je dois aller chercher des contrats… Et j’avoue que moi personnellement, j’ai peu de charges. Certains doivent faire 3, 4 ou 5 fois le salaire qu’ils souhaitent se verser pour s’en sortir… Merci le rsi ! et merci les taxes !
Mais attention, car si tu fais trop de chiffre et que tu ne dépenses pas assez, tu payes des impôts sur ce que tu as gagné… Beaucoup (trop) d’impôts ! C’est du vécu ! donc au final, tu es perdant aussi à trop en faire ! Il faut être dans la mesure…

La peur que tout s’arrête

J’ai lu il y a quelques temps ce très bon article sur les entrepreneurs.
Je m’y suis totalement retrouvée même si je n’ai ni salarié, ni de soucis financier.
Je suis angoissée de nature, et le fait de ne pas savoir ce que je ferai dans 6 mois et une crainte permanente qu’il faut savoir accepter.
Ai-je un plan B ? Combien de temps pourrai-je vivre sans revenu et sans chômage ? Vais-je pouvoir faire vivre mes enfants décemment ?

Une concurrence non créative

Les créatifs ont un nombre innombrable de concurrents : des agences, des services internes, des auto-entrepreneurs, d’autres freelances etc. Et il est difficile de faire son trou.
Mais, personnellement, ceux qui m’agacent, ce sont plutôt les « faux créatifs », ceux qui n’ont fait aucune école de graphisme, mais qui se prétendent « agence » et qui soustraitent à des étudiants ou de petits auto-entrepreneurs des prestations qu’ils revendront 5 fois le prix. Cette concurrence nuit à notre image et au marché.
Les clients leur font confiance et sont souvent déçus, les petits graphistes se font exploiter, bref ! c’est une pratique extrêmement courante qui détruit nos métiers.
De la concurrence il en faut ! ça prouve que le marché se porte bien, ça offre du challenge, mais il faut une concurrence de qualité, à laquelle on peut se comparer et se mesurer.

Impossible d’embaucher

aucune certitude sur l’avenir de mon entreprise, et pas assez de travail pour 2 !

J’ai effectué un entretien il y a 2 semaines pour Le Concours Régional du Créateur d’Entreprise.
Et certaines questions, m’ont pour le moins, perturbée…
L’un des membres du jury m’a demandé :
– Votre entreprise se porte très bien. Pourquoi vous n’embauchez pas ?
– Et bien tout simplement parce que je n’ai aucune visibilité, aucune certitude sur l’avenir de mon entreprise, et pas assez de travail pour 2 !
Puis un autre ajoute :
– Votre entreprise se porte bien. Pourquoi nous vous ferions gagner un prix alors que d’autres entreprises en ont plus besoin que vous ?
Bon là, j’avais juste envie de partir ! Devrais-je avoir honte de réussir à faire fonctionner mon entreprise ?
Je lui ai juste répondu que tout le monde avait besoin de communiquer, moi y compris !
Pourquoi faudrait-il embaucher d’ailleurs ? Ok ça peut être un signe de réussite, ça crée de l’emploie, aide l’économie. Mais nous avons créé nos propres emplois, et pour le moment nous en vivons, ce qui est déjà une grande chose !

Mais du coup, pourquoi tu fais ça ?

Bah oui du coup ?! T’es sadique ou quoi ?!
Et bien non.
Simplement j’aime mon métier, et j’aime mon indépendance.
Avec cet article sur toutes ces choses négatives, on peut effectivement penser que je suis au bout du rouleau et que je devrais sans doute arrêter très vite mon activité. Mais, je publierai prochainement un article sur toutes les choses positives qui nous motivent au quotidien et qui nous donnent l’envie de poursuivre l’aventure de l’entreprenariat.

Petite Conclusion

Néanmoins, je pense que je peux interroger chaque entrepreneur que je croise, on est tous d’accord pour dire que nos métiers sont riches et passionnants, bien plus motivants que lorsque nous étions salariés.

Nos métiers d’indépendants, de créatifs, de solos, sont difficiles au quotidien car ils demandent une énergie folle et un esprit de battant. Néanmoins, je pense que je peux interroger chaque entrepreneur que je croise, on est tous d’accord pour dire que nos métiers sont riches et passionnants, bien plus motivants que lorsque nous étions salariés.
Risqués, pesants parfois, angoissants, mais enrichissants.
Personnellement, j’espère pouvoir vivre encore longtemps de ma petite entreprise, et quoiqu’il arrive, je ressortirai grandi de cette expérience.

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TPE, solo, Indépendant des métiers voués à l’échec ? Une petite réflexion que je mène suite à des échanges avec des partenaires qui ont le même statut.
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